Rentrée scolaire dans les centres Barka | 205 animateurs à l’école du label PAEFE

«C’est une lutte contre l’ignorance, contre l’analphabétisme. C’est en ce sens que ce qui nous réunit est très important ». Ces mots de Louis Yamba Nikiema, chef de la délégation de Solidar Suisse du Burkina-Faso témoignent, à suffire, de l’importance de la présente session de formation qui va durer un mois.

En effet, cette session annuelle de formation est l’occasion pour les animateurs de renforcer leurs capacités sur le contenu des programmes du Programme d’Appui à l’Education et à la Formation des Enfants exclus du système éducatif (PAEFE). Ils sont au total 205 animateurs et animatrices à prendre part à la présente session dont 129 anciens. Pour le département de l’Alibori, 12 nouvelles recrues auront le privilège de suivre la formation tout comme les 08 du Borgou. La prévision étant la mère de la sureté, le programme a prévu une liste de 56 réservistes qui prennent aussi part à cette formation au cas où des défaillances se feraient constatées en cours d’exercice. Parmi les 56 réservistes, 17 seront formés en langue bariba, 12 en langue Boo, 17 en Fulfudé, 2 en yoruba et 08 en Dendi. Dans son allocution, Justin Houadjeto, assistant du Directeur de Cabinet du Ministère des Enseignements Maternel et Primaire (MEMP), a exhorté les animateurs et animatrices à rester assidus, attentifs et sérieux aux enseignements des formateurs. Représentant le Directeur de Cabinet empêché (qui préside normalement le Comité Technique Interministériel de Pilotage du PAEFE), il a convié les participants à une appropriation effective aussi bien des contenus pédagogiques que des démarches didactiques importantes pour la qualité des enseignements qu’ils iront transmettre en classe. Quant à la Coordonnatrice du PAEFE, Nadine Oké, après avoir fait observer une minute de silence en l’honneur de deux animateurs tombés les armes à la main, elle a rappelé qu’en six années d’exécution, le programme a eu des acquis tangibles tels que la conception de documents pédagogiques, l’encadrement pédagogique des animateurs par les inspecteurs de l’enseignement primaire, le recrutement et la formation des animateurs. Elle a montré le lien qui existe entre le PAEFE, le PAG et le nouveau Plan Sectoriel de l’Education en cours d’élaboration avant de rappeler à la mémoire collective que « le PAEFE est un programme de la Coopération Suisse dont l’objectif est d’appuyer la mise en œuvre d’offres d’éducation et de formation adaptées aux réalités socio-économiques du milieu pour les enfants de 9-15 ans exclus du système éducatif formel et susceptibles d’être généralisées ou de servir de modèles au niveau national ». Salami Loukoumana, Secrétaire Général de la mairie de Kandi, Chabi-Boni Pascal, le Directeur de l’ENI Kandi et Didier Idohou du CRADENF ont, tour à tour, invité les participants à l’ardeur au travail pendant cette session qui prend fin le 16 Septembre 2017.

Photo de famille PAEFFE Kandi

 

AVIS DES PARTICIPANTS

Didier Idohou , Consultant du CRADENF

«Nous sommes-là pour 4 semaines pour la formation des animateurs des centres Barka du PAEFE. Tous les ans, nous les formons à la veille de la rentrée. C’est une formation de remise à niveau pour les anciens et une formation initiale pour les nouveaux. Cette formation va porter essentiellement sur la pédagogie. A cet effet, nous aurons à revisiter tous les champs de formation qui sont privilégiés dans le programme du PAEFE. Nous aurons également à faire la transcription en langues nationales pour les premières et deuxièmes années. N’oublions pas que le PAEFE est une approche bilingue ; ce qui implique que les langues nationales soient maîtrisées par les apprenants en plus du français. Au terme de ce mois de formation, nous attendons une amélioration de la prestation des animateurs dans les classes à la rentrée. Nous attendons que les fruits de ces séances rejaillissent sur les apprenants. Pour ceux de la quatrième année, nous attendons une amélioration des résultats au CEP 2018. Cette année, nous avons fait 45 % contre 33 % l’année dernière. Nous ne sommes pas encore satisfaits et c’est pourquoi nous avons prévu une semaine spéciale de renforcement de capacités pour les animateurs de quatrième année ».

Louis YambaNikiema , Solidar Suisse, Burkina-Faso

«Solidar Suisse fait partie du Consortium Helvétas Suisse Intercorporation qui a eu le mandat de mettre en œuvre le PAEFE dans les départements de l’Alibori et du Borgou. Ce qu’il y a de particulier cette année, c’est que le programme est en train de prendre de l’envergure parce qu’au début c’était seulement le Borgou et maintenant nous sommes dans l’Alibori. Cette année aussi nous sommes à plus de 200 animatrices et animateurs. Nous sentons que la mayonnaise est en train de prendre ici au Bénin au moins au niveau de trois aspects. D’abord, il y a la prise en compte des enfants exclus du système éducatif, car, l’éducation pour tous prend en compte tous ceux qui ont droit à l’éducation. Ensuite, vient la prise en compte de l’approche bilingue. Cette approche part des langues de l’apprenant pour progressivement l’amener à comprendre le français et à absorber le programme classique. Toutes choses qui font que les enfants visés par ce programme sont des enfants compétents au niveau de leurs représentations culturelles. Le troisième élément, c’est la participation communautaire qui emmène les communautés à s’engager à traversla prise en compte des réalités comme la culture et la production qui font que les enfants ont quand même certaines compétences avérées à leur sortie sans oublier que leur cursus dure seulement 4 ans au lieu de 6 ans dans le niveau classique ».

Sœur Maria José Bonanzéa , Congrégation des Sœurs Esclaves du Cœur de Jésus

«Nous habitons dans un village où on constate un besoin d’éducation des enfants qui n’ont jamais été à l’école. Puisque le PAEFE a déjà l’expérience en la matière, alors nous avons voulu nous rapprocher des responsables pour qu’ils nous apportent leur assistance. Pour le moment, nous sommes dans le démarrage de l’initiative, car, notre communauté est petite. Si tout se passe pour le mieux, nous allons vulgariser l’expérience auprès des autres congrégations qui travaillent dans le milieu de l’éducation ».

Nadine Oké , Coordinatrice du PAEFE

«Nous voulons que ce programme soit un programme de qualité. C’est pour cela que nous formons les nouveaux et les anciens animateurs. Cette année, ils sont au nombre de 205. Ce qui est en hausse, car, nous ouvrons de nouveaux centres. En effet, cette année nous avons 12 nouveaux centres dans l’Alibori et le programme connaîtra une extension avec l’ouverture de nouvelles cohortes dans le Borgou. Donc, nous passons de 128 salles de classes à 138 et nous formons aussi des réserves d’enseignants pour pallier d’éventuel recrutement dans la fonction publique, car, ces animateurs deviennent des enseignants vraiment qualifiés. C’est un total de 70 millions qui est ainsi investi avec une contribution de 40 millions du gouvernement béninois en nature (résidences, salles de cours, personnels d’encadrement, ...). Le programme a une vision de s’étendre mais pas avec les fonds Suisse. Ainsi, nous encourageons les Ong et l’Etat à multiplier l’expérience PAEFE. Les études ont révélé qu’il y a plus d’un million d’enfants exclus du système éducatif. Au début du programme, nous avons eu 80. 000 enfants non-scolarisés ou déscolarisés dans le Borgou et dans l’Alibori c’est plus de 120. 000 enfants. Donc, le PAEFE seul ne peut pas couvrir les besoins pour que tous les enfants aient une seconde chance d’aller à l’école. Ainsi, cette seconde phase veut également que d’autres structures assurent également l’éducation de la deuxième chance. C’est dans ce cadre que les sœurs Esclaves du cœur de Jésus ont saisi l’opportunité et vont développer le PAEFE dans le village de Kpari à Tchaourou, avec un effectif de 45 enfants, sur leur propre fonds. Nous allons leur assurer un appui technique et c’est à ce titre que leur animateur sera formé ici au même titre que les animateurs du PAEFE. Nous ferons le suivi dans leur centre et nous leur donnerons le matériel didactique. Notre porte est ouverte et nous voulons que les Ong et les autres structures d’accueil des déscolarisés saisissent l’opportunité, car, nous sommes disposés à leur fournir l’appui technique et l’accompagnement qu’il faut pour qu’ils ouvrent des centres ».

Albert Massenon , Directeur Exécutif de l’Ong CERPADEC

«Nous sommes très heureux d’être ici aujourd’hui pour accompagner ce processus. Nous intervenons dans des villages où il y a un fort potentiel de jeunes qui n’ont jamais été à l’école. C’est avec cette formation que nous sommes appelés à avoir de bons résultats sur le terrain dans l’encadrement de ces jeunes-là. Dans notre Ong, nous avons recruté les animateurs et nous comptons les accompagner pour que leur participation soit active durant les séances, car, au bout de la formation, il y aura une sélection afin de garder les meilleurs parmi ces animateurs pour animer les centres Barka sur le terrain ».

Adjéi KPONON

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